Notes sur la propriété intellectuelle
Section : Bibliothèque #53

Bibliothèque de la G:.L:.D:.F:. (Grande Loge de France)
Les quelques indications et réflexions qui vont suivre n'ont nulle volonté de me protéger de quelque façon que ce soit mais d'exposer des faits. La question de la propriété intellectuelle se pose lorsque des oeuvres qui ne nous "appartiennent pas" sont diffusées ainsi gratuitement ; a fortiori sur le net où il est extrêmement facile d'effectuer des copies de fichiers et de les diffuser en masse.
La propriété intellecuelle est un moyen procédural mis en place pour protéger l'auteur ainsi que l'oeuvre. Mettre en place un système de protection, c'est à la fois permettre à l'auteur de "vivre" de sa production, mais aussi garantir que l'oeuvre ne sera pas modifiée. Selon la législation en vigueur récemment modifiée dans le cadre européen, la protection intellectuelle protège les oeuvres pendant 70 ans après la mort de leur auteur, suite à quoi l'oeuvre tombe dans le domaine public.
Je ne vais pas rentrer dans les détails juridiques (sur les subtilités telles que la différence entre "copyright" et "droits d'auteurs" - choses différentes) puisque là n'est pas le propos. Je tiens juste à souligner - c'est important - que la question de la propriété intellectuelle est du domaine procédural et s'applique donc à tous les individus et à toutes les oeuvres quelles qu'elles soient.
Pourtant, est-ce que le domaine ésotérique devrait être concerné par cette question de la même façon ?
Considérons la question de quatre points de vue : d'abord au niveau pratique (exotérique), ensuite, au niveau énergétique (mésotérique), puis, au niveau philosophique (ésotérique) et, enfin, au niveau spirituel (occulte).
1 - au niveau pratique, quelle implication ? Le problème est simple : si on n'achète pas un ouvrage, l'argent n'ira pas dans les caisses de l'auteur ou de l'organisme qui y est lié. Dans le cadre d'une personne physique, celle-ci ne pourra pas vivre de sa production intellectuelle... Problématique. Dans le cadre d'une personne morale, celle-ci ne pourra pas assurer les frais de fonctionnement de son association (par exemple : l'Ordre Martiniste, la Société Théosophique, le Lucis Trust, etc.). Ceci est délicat. Cela ne pose cependant un problème que dans un cas : celui où vous n'achèterez pas un ouvrage que vous auriez envisagé d'acheter. Ce qui signifie que si, d'une part, vous êtes véritablement pauvre, ou si, d'autre part, vous reconnaissez avec honnêteté que vous n'auriez pas acheté l'ouvrage de toute façon, votre comportement de récupération en copie n'aura aucune conséquence sur les amortissements coûts / bénéfices de la société (ou du portefeuille de l'auteur).
2 - au niveau énergétique, que se passe-t-il ? Il faut savoir, aussi incroyable que cela puisse paraître, que la dimension procédurale de la propriété intellectuelle s'accompagne d'une dimension énergétique liée à l'oeuvre. Cette dimension énergétique protège l'intégrité de l'oeuvre, certes, mais, surtout, permet à la résonnance énergétique de l'oeuvre d'être diffusée sur tous les supports propres. La photocopie (contrairement à la reproduction numérique, d'une part, et au "recopiage" mot à mot de l'oeuvre, d'autre part) altère la dimension énergétique de la copie et retire donc une part importante de la dimension astrale de l'oeuvre. Ceci doit être mentionné. Dans notre cas ("recopiage" mot à mot, réalisé avec altruisme et dévotion de surcroit), le problème ne se pose pas. Il est évident que cette dimension énergétique est importante pour les ouvrages véritablement ésotériques - la majorité des créations intellectuelles n'entrant donc pas dans cette dimension (leur dimension énergétique existe, mais leur altération est moindre puisque ne vibrant pas sur des sphères ésotériques ou occultes). Cette dimension énergétique se joue, d'ailleurs, de la question des 70 ans de protection...
3 - au niveau philosophique, quelle question morale ? A ce niveau, la question devient plus subtile. Qu'est-ce que fondamentalement que la propriété intellectuelle ? Si l'Absolu est Un et que le Monde Archétypal des Idées, son émanation, est uni, comment un individu pourrait se permettre de s'accaparer une oeuvre particulière ? Si la question est gommée en partie dans le cas d'oeuvres non-ésotériques (bien qu'étant inspirées en partie, inconsciemment, par certaines sphères ésotériques, chez les artistes ou les scientifiques), comment un individu ou une société quelle qu'elle soit pourrait, a forciori lorsqu'elle se veut ésotérique, affirmer "posséder" une oeuvre, fut-elle intellectuelle ? Vanité et séparativitisme que ce serait ! C'est la raison pour laquelle on voit des associations comme la Société Théosophique ou le Lucis Trust, proposer des oeuvres de leur "catalogue" sur Internet, en libre-téléchargement (bien que, souvent, cela soit en langue anglaise). Car, non seulement certaines de ces oeuvres sont tombées dans le domaine public (plus de 70 ans après la mort de l'auteur) mais, surtout, les disciples qui peuvent y travailler savent que l'idée d'appropriation intellectuelle est suranée, pour des oeuvres ésotériques (elle l'est moins pour des oeuvres qui ne le sont pas...).
4 - au niveau spirituel, quelle est la conclusion ? A ce dernier niveau, suite logique du précédent, nous nous rendons bien compte que la réalité est claire : le but d'une oeuvre ésotérique (ou occulte) est de permettre à tout individu d'accéder à son enseignement profond pour permettre son émancipation. De ce fait, nul individu, qu'il soit pauvre ou incapable d'accéder à un ouvrage, n'est écarté par la règle de l'enseignement spirituel. Bien sûr, certains ouvrages sont occultes et donnent des vérités à ne pas mettre entre toutes les mains - mais nous rentrons ici dans un cas particulier où nous pouvons être sûrs que, vibrant sur une dimension particulière de la synchronicité (le niveau occulte, tout simplement), ces oeuvres tomberont dans les mains du disciple, d'une façon ou d'une autre, qu'il soit pauvre ou riche, lorsque la nécessité se présentera (certains de ces dits ouvrages, qu'on ne retrouvera évidemment pas ici, ne sont plus édités, par exemple, et pourraient être découverts par un "total hasard" chez un bouquiniste, à un prix ridiculement dérisoire, ou être offert tout simplement par un disciple plus avancé sur le chemin). Pour en revenir à la question des livres ésotériques, nous voyons bien que ces oeuvres sont diffusées sur Internet gratuitement par les détentrices des sociétés (mais pas toujours en français, bien malheureusement !).





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire